COMITE D'ENTREPRISE

Drame à l'Odéon : Un syndicaliste accusé de viol divise le personnel.

Depuis un an, le cas de Franck O., 48 ans, divise les 120 salariés du théâtre, dont il est l’une des figures. En septembre 2003, Brigitte, secrétaire administrative au comité d’entreprise (CE), se confie auprès de sa direction. Elle se dit victime de harcèlement sexuel depuis près de trois ans de la part de ce syndicaliste CGT. L’homme, qui siège alors au conseil d’administration, lui a permis de bénéficier d’un contrat à durée indéterminée. Un après-midi de décembre 2000, alors qu’il la raccompagne en voiture, il aurait exigé, et obtenu, une faveur sexuelle, en «récompense» de cette embauche. Toujours selon le témoignage de l’employée, il aurait abusé d’elle une demi-douzaine de fois, entre 2000 et 2003, dans un parking et dans un bureau du théâtre. Mariée, la secrétaire explique qu’elle n’a pas parlé plus tôt car elle se sentait à la fois honteuse et effrayée.

Face à sa direction, Franck O. a d’abord nié les relations sexuelles, avant d’expliquer que Brigitte était consentante. Selon lui, celle-ci cherche à se venger d’une rupture douloureuse. Une première enquête, menée par l’inspection du travail, a cependant conduit au licenciement du syndicaliste. Le parquet de Paris a ensuite confié les investigations à la 3e division de police judiciaire, qui a entendu la précédente secrétaire administrative du CE. Celle-ci a assuré qu’elle avait demandé à changer de poste en raison de gestes déplacés de Franck O.

L’avocat du syndicaliste, Me Pascal Garbarini, dénonce aujourd’hui l’incarcération de son client, une mesure prise, selon lui, avec «beaucoup de légèreté». «Ces accusations me semblent ahurissantes, renchérit un ami de Franck O. Il gênait beaucoup la direction, qui n’a pas cherché à vérifier sa version.» Un autre salarié retient, au contraire, le «machisme» du syndicaliste. La justice devrait prochainement ordonner des expertises médico-psychologiques afin de découvrir ce qui s’est vraiment passé dans les coulisses de l’Odéon.

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