COMITE D'ENTREPRISE

Les syndicats lancent un premier avertissement au gouvernement

Jean-François Copé, le porte-parole du gouvernement, a quant à lui assuré jeudi midi que le message avait été reçu «cinq sur cinq». Il n’empêche. Originellement cantonnée à la défense du statut d’EDF-GDF, la manifestation de jeudi s’est peu à peu transformée en un vaste raout pour la défense du service public. Avec la montée du chômage en toile de fond et la frénésie de privatisations, totales ou partielles, affichée par le gouvernement, c’est non seulement et majoritairement EDF-GDF, mais aussi la Poste, la SNCF, Air France, France Télécom qui battent le pavé jeudi pour défendre leur statut et leur retraite.

Il s’agit donc bel et bien d’un premier test pour Jean-Pierre Raffarin. Le Premier ministre a encore en mémoire l’échec d’Alain Juppé en 1995, et cherche à tout prix à se démarquer de son prédécesseur, notamment sur la méthode. Passant davantage par le dialogue social, elle se veut plus douce. Reste que le gouvernement, qui dispose d’une étroite marge de manoeuvre et qui a déjà déçu les syndicats sur l’assouplissement des 35 heures, joue gros. Car, même s’ils démentent l’appellation de «troisième tour social», les syndicats manient avec brio la menace voilée. Bernard Thibault a ainsi déclaré jeudi matin sur RMC que la journée de jeudi était «plus qu’une manifestation d’avertissement» et a dit espérer «que le gouvernement va en tenir compte». Et le numéro un de la CGT d’ajouter : «Nous n’allons pas multiplier les avertissements». Une façon de faire écho à un Denis Cohen affirmant, à propos des retraites : «Le gouvernement qui touchera au régime spécial aura un mouvement de même ampleur que celui de l’hiver 1995». Référence ou repoussoir, on y revient toujours

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